Codes à barres Keurig, une bonne idée?

Les plus récents modèles de machines Keurig sont équipées d’un lecteur à code-barres empêchant l’utilisation de l’appareil pour des K-Cups qui ne sont pas approuvés par Keurig. Cette nouvelle caractéristique de ces machines à café suscite beaucoup de réactions négatives de la part du public et de fabricants de café et on peut se questionner sur la pertinence d’une telle stratégie.

Keurig Old K-cup Marley
K-Cup Marley Coffey, sans code barre.

Perte d’un avantage concurrentiel 

D’un point vue affaire, la décision pouvait sembler gagnante. Ce système numérique de gestion des droits d’utilisation vise à empêcher des compagnies non-autorisées à profiter de l’appareil Keurig et ainsi voler des parts de marché K-Cup. Plus grandes parts de marchés = plus de profits… ça parait assez logique. Nespresso, le principal concurrent de Keurig utilise d’ailleurs cette stratégie, en plus de distribuer eux-même le produit dans leurs propres points de vente uniquement.

Mais voilà que l’initiative est loin de plaire au public et aux fournisseurs, ayant même jusqu’à susciter des poursuites légales de la part de ces derniers qui voient leurs sources de revenus subitement coupées par l’arrivée de ces nouvelles machines.

Le plus bête dans tout ça… la mise en marché d’une façon simple de contourner le blocage, la Freedom Clip, par l’utilisation d’un faux code barre.

Keurig, l’Android du Café

A posteriori, on peut donc questionner sérieusement la pertinence d’une telle manœuvre. À mon avis, on peut facilement dresser un parallèle et affirmer que Keurig était à Nespresso ce que Android est à Apple. Apple, comme Nespresso, offre un environnement contrôlé entièrement par le fabricant, ne laissant pas une grande place à des intervenants externes. Android offre un environnement plus flexible et diversifié. Il s’agit de deux marchés distincts recherchant des options reposant sur des bases complètement différentes. Si un des deux protagoniste décide de changer de stratégie pour celle de son compétiteur, on assiste à des réactions comme celles de l’affaire Keurig.